De Azza FILALI

 

 

Azza FILALI est médecin et romancière Tunisienne. Deux raisons qui motivent cette présentation, étant moi-même médecin et né à Tunis.

Elle vit à Tunis.

Ouatann (qui signifie « Nation », "Patrie") est un roman qui se déroule en Tunisie en 2008, dans la période qui a précédé la Révolution du Jasmin.

 Trois personnages principaux : Michkat, avocate,  Naceur, Ingénieur et Rached fonctionnaire.

J’ajouterai volontiers,  Achraf fils de Abderrazak, petit-fils de Sleim, gardien de la Maison de la plage qu’il connaît comme sa poche où se déroule une bonne partie des évènements, âgé d’une dizaine d’années environ, fouineur, malin et curieux comme un singe.

La Maison de la plage appartient à Si Mokhtar, père de Michkat, trop âgé pour s’occuper de sa maison dont il a confié la gestion à sa fille Michkat et le gardiennage à Sleim, homme peu scrupuleux qui loue à son compte, au noir, la maison de la Plage.

 La Tunisie est déchirée par une société divisée en riches, promoteurs, oligarques, et une majorité de pauvres, chômeurs.

Michkat est mal à l’aise dans son métier d’avocate, se cherche,  et se trouve souvent sans emploi, démissionnant lorsqu’elle constate que ses patrons sont véreux, cupides, malhonnêtes, que la Justice fonctionne à deux vitesses, ne méritant pas son nom.

 L’action principale se déroule dans un village anonyme non loin de Bizerte.

La plupart de ses habitants vivotent, désœuvrés et passent  le plus clair de leur temps au café. Ils sont le plus souvent dans l’illégalité, organisent des passages de clandestins vers l’Italie ou l’Allemagne, ou comme Abderazzak, font de la contrebande…

 Mansour, homme de main d’un personnage mystérieux,  est chargé d’engager un ancien camarade de classe, Rached, pour surveiller et retenir Naceur. lui promettant de le faire passer à Francfort. Celui-ci, sort de prison après avoir purgé 10 ans de détention, pour avoir utilisé sciemment un béton « allégé », ce qui permettait de dégager de gros bénéfices,  pour la construction d’un pont qui s’est effondré, causant la mort de nombreux écoliers à bord d’un bus.

Sa sortie de prison au bout de 10 ans a été commanditée par ce personnage mystérieux « un ami haut placé » qui avait l’intention de l’obliger à construire un nouveau pont avec du béton trafiqué.

Rached loue donc au noir la Maison de la Plage et y confine Naceur.

Michkat découvre cette location faite à son insu au profit de Sleim.

 Ce roman qui décrit une société à la dérive, à la veille d’une révolution, prend parfois une allure de roman policier, dans un décor à la Agata Christie (Mer démontée, falaises sinistres, trappes derrière des tombes, cadavre)…

Peu d’allusions politiques, quelques hommes tunisiens célèbres cités, quelques mets tunisiens peu explicités et sans doute qui seront mal compris par les non-initiés.

Roman entre peinture d’une société et histoire policière.

Des descriptions de paysages pittoresques, quelques passages aux envolées poétiques, on finit par se prendre au récit, impatient d’en connaître la fin.

Je regrette quant à moi, originaire de Tunis, que l’auteur ne mette pas davantage en valeur, les couleurs, les odeurs, les saveurs, la douceur du climat et de la population,  qui caractérisent si bien la Tunisie.

A lire en vacances...

La Marsa